Jeudi 5 septembre 2013 tagBaromètre, tagRessources humaines, tagAbsentéisme

5ème Baromètre Alma CG sur l'absentéisme

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L’Absentéisme en France augmente de 18% en 2012, ce qui représente une moyenne de 16,6 jours d’absence par salarié. Soit un coût direct de 6,98 Milliards € pour les entreprises du secteur privé

4,53 %, c’est le taux d’Absentéisme des entreprises françaises en 2012 (vs 3,84% en 2011). Il augmente de 18% et représente en moyenne 16,6 jours d’absence par salarié sur l’année (vs 14 jours en 2011). Son coût pour les entreprises du secteur privé : 6,98 Milliards d’euros (coûts directs comprenant : complément de salaire employeur, coût de remplacement des salariés).

Le taux d’absentéisme cache toujours beaucoup de disparités. Il varie fortement selon la région, le secteur d’activité, l’âge des collaborateurs, les CSP…

En 2012, il est significativement en hausse dans le secteur des services (20 jours), impacte toujours celui de la santé (19,7jours), alors que celui du BTP (10,3 jours) et de l’industrie (13,8 jours) reste stable. Il enregistre également une forte croissance dans les entreprises de plus de 1000 salariés. Les régions fortement en hausse sont le Nord, l’Ile de France, la Méditerranée et le Grand Ouest alors que d’autres sont en baisse tels le Sud-ouest et Rhône Alpes. Enfin, on constate que le taux d’absence des employés, techniciens et agents de maîtrise rejoint celui des ouvriers jusqu’à présent toujours plus élevé.

59% des DRH interrogés estiment que l’absentéisme est lié à l’état de santé des collaborateurs ; puis pour 41% d’entre-eux, aux conditions de travail enfin pour 40% des DRH à la charge de travail et l’organisation.

« Reste que l’absentéisme n’est pas une fatalité et notre expérience démontre lorsque les Entreprises ont réfléchi aux conditions de travail et construit sur cette base un projet adéquat à leur problématique, leur taux d’absentéisme se situe en dessous de la moyenne nationale » indique Yannick Jarlaud, directeur du département Santé, Sécurité et Environnement de travail d’Alma CG.

1 - L’ABSENTÉISME EN FRANCE : PRINCIPALES DONNEES

Le taux d’Absentéisme national s’élève à 4,53% soit 16,6 jours d’absence en moyenne par salarié.

Il repart à la hausse après trois ans de diminution et enregistre en un an 2,6 jours supplémentaires d’absence en moyenne par salarié. « Même s’il s’agit d’un phénomène global, notons que ce sont les 48% des entreprises dont le taux est en forte croissance qui entraînent la hausse de cet indicateur », indique Yannick Jarlaud.

A été mesuré également en 2012 le taux des « Toujours Présents » : 52% des salariés n’ont connu aucune absence.
« Ce taux est un excellent indicateur de la forme et de l’évolution de l’absentéisme d’une entreprise. Il renseigne sur l’appropriation individuelle de la valeur de la présence et le niveau de mobilisation des salariés dans le projet d’entreprise », selon Yannick Jarlaud.

Enfin, l’absentéisme est un phénomène contrasté variant fortement selon la région, les secteurs d’activité, les catégories socio-professionnelles, l’âge des collaborateurs et le type d’entreprise.

La hausse de l’absentéisme touche pratiquement toutes les régions avec pour la 1re fois une percée en Ile de France. Deux exceptions : Rhône-Alpes et Sud-Ouest voient leur taux diminuer.

L’absentéisme est en hausse dans toutes les régions de France excepté pour les régions du Sud-Ouest et Rhône Alpes qui cette année comptent les salariés les plus assidus au travail.

Les régions Nord (20,1 jours) et Méditerranée (19,7 jours) restent celles où l’absentéisme est le plus important, confirmant une tendance observée les années précédentes.

Le taux d’absentéisme en Ile-de-France est pour la première fois en nette augmentation de 4,78% soit 17,5 jours par salarié, alors qu’il est traditionnellement bas du fait d’un plus fort turn over et d’une activité soutenue dans la région. L’explosion de l’absentéisme dans les services et la santé, secteurs fortement représentés en Ile de France a sans nul doute eu un effet d’entraînement.

Explosion de l’absentéisme dans le secteur des services

Le BTP Construction (2,81%) et l’Industrie (3,77%) restent les « meilleurs élèves » avec un taux stable comparé à celui de 2011.
Les secteurs de la Santé (5,37%) et des Transports (4,92%) restent toujours à un taux très élevé quand bien même celui de la Santé enregistre une baisse marquée par rapport à 2011 (6,61%). Le secteur le plus durement touché en 2012 est celui des Services qui passe en une année à 5,46% comparé aux 3,32% de 2011. Ce fort taux d’absentéisme s’explique par l’absentéisme élevé de l’activité Banque / Assurance (5,56%).

« Si le secteur de la santé renforce leurs politiques RH et leurs démarches d’amélioration des conditions de travail, le secteur des services ne semblent pas encore avoir initiées des actions concrètes et continue sa dérive fluctuante. Les sociétés de services, pourtant préservées des facteurs de pénibilité, affichent des taux record », explique Yannick Jarlaud.

Les groupes de plus de 1 000 salariés impactés pour la 1re fois.

Pour la première fois, les entreprises de plus de 1 000 salariés apparaissent comme les plus impactées par l’absentéisme. « Ce n’est pas la taille des entreprises mais bien la taille du collectif de travail qui a un impact sur la mobilisation des collaborateurs. Il est important d’intégrer cette dimension dans les grandes organisations » indique Yannick Jarlaud.

Les cadres sont cette année encore ceux qui sont les plus présents au travail. L’écart se creuse avec les ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise) qui rejoignent les ouvriers traditionnellement plus absents. Selon Yannick Jarlaud « Au-delà de la pénibilité et des conditions de travail, c’est aussi le sens donné au travail et le manque de visibilité dans le processus global qui concourent à un plus grand absentéisme ».

Selon l’âge, l’absentéisme n’a pas les mêmes caractéristiques : durée, fréquence…

Le premier facteur d’absentéisme étant l’état de santé, le Baromètre de l’Absentéisme montre, cette année encore, une corrélation entre l’âge et l’absence pour maladie.

L’écart se creuse cette année particulièrement chez les Seniors (+ de 50 ans) qui connaissent un taux record de 7,58% soit 27,7 jours. Pourtant, si cette population s’absente peu fréquemment, les absences sont en moyenne de longue durée ce qui explique en partie le niveau de leur taux d’absentéisme. « La gestion des seniors, leur maintien dans l’emploi sont des problématiques RH de plus en plus récurrentes dans les entreprises. Des leviers de motivation transgénérationnels doivent être mis en place efficacement pour éviter les risques de décrochage » indique Yannick Jarlaud.

À l’inverse, les salariés de moins de 30 ans enregistrent un absentéisme pour maladie fréquent mais de courte durée.


2 - PRÈS DE 7 MILLIARDS D’EUROS : C’EST LE COUT DIRECT MINIMUM DE L’ABSENTÉISME POUR LES ENTREPRISES EN FRANCE

Le coût de l’absentéisme est rarement évalué précisément en Entreprise car il est très difficile de quantifier les coûts indirects. Ainsi, 80% des DRH interrogés n’en ont pas une vision précise.

Pour la 1re fois, le Baromètre ALMA CG de l’absentéisme a décidé d’évaluer a minima les coûts directs comprenant : complément de salaire employeur, coût de remplacement des salariés.

Il a déterminé un ratio moyen de 1% d’absentéisme = 0,3% de la masse salariale pour 2012, pour les coûts directs. Ainsi, pour une entreprise dont le taux d’absentéisme est à 4,53% (taux national en 2012), le coût minimum lié à son absentéisme s’élève à 1,36% de sa masse salariale. Rapporté à la masse salariale française (513,5* Mds € en 2012), le coût minimum de l’absentéisme pour les Entreprises du secteur privé s’élève à 6,98 milliards d’euros.

« Si les coûts directs sont facilement identifiables avec méthode, le coût indirect du défaut de qualité de vie au travail est plus insidieux dans les organisations mais nuit grandement à la compétitivité de l’entreprise ».

Ce coût minimum ne tient pas compte des coûts pour l’État. Le dernier rapport de la commission de comptes de la sécurité Sociale (juin 2013) fait état d’un montant estimé à 8,77 Milliards d’euros d’indemnités journalières versées (Maladie, AT et MP).

L’addition de ces deux coûts porterait la facture de l’absentéisme pour le secteur privé à près de 16 Milliards d’euros en 2012.


3 - LES FACTEURS DE L’ABSENTÉISME EXPLIQUÉS PAR LES DRH INTERROGÉS

Nous avons interrogé les DRH sur la perception du phénomène dans leurs entreprises.

Deux familles de facteurs d’absentéisme sont citées:
- les facteurs externes, propres au salarié
- les facteurs internes, qui relèvent directement de la responsabilité de l’entreprise.

59% des DRH estiment que la hausse du taux d’absentéisme est liée à l’état de santé des salariés (maladies saisonnières, problèmes de santé, fatigues et états de santé psychologiques).

En seconde position, pour 41% des DRH, arrivent les conditions de travail : l’ergonomie des postes, les ambiances physiques de travail (bruit, température, lumière, odeurs, etc.) et le confort au poste.

Puis, pour 40%, ce sont la charge de travail et l’organisation. Cette dimension fait référence à la quantité de choses à faire, aux contraintes temporelles ainsi qu’à la charge mentale de l’activité.

« Les entreprises les plus matures en matière de prévention de l’absentéisme ont compris que la place des facteurs internes, propres à l’organisation et aux conditions de travail n’est pas à négliger. La qualité de vie au travail devient un enjeu de performance » explique Yannick Jarlaud.


4 - 23% DES ENTREPRISES QUI CONNAISSENT UNE HAUSSE DE LEUR ABSENTÉISME METTENT EN PLACE UN PROJET GLOBAL POUR LUTTER CONTRE


Les actions les plus fréquemment mises en place en 2012 sont liées à l’amélioration des conditions de travail

- Les actions les plus souvent mises en place pour gérer l’absentéisme concernent majoritairement les « conditions de travail », avec une mise en avant des actions visant la prévention des risques professionnels et l’amélioration des conditions de travail.
- Les « contre visites médicales », action la plus connue en matière de prévention de l’absentéisme, sont en recul. Elles n’apparaissent qu’en 5e position des actions les plus fréquemment mises en place.
- Si elles restent en retrait, les actions en lien avec le « bien-être du personnel » se développent au cours de ces 5 dernières années, notamment avec la mise en place des démarches de prévention des risques psychosociaux.

« L’un des « pièges » dans le traitement de l’absentéisme est souvent de vouloir aller trop vite en passant d’un état des lieux uniquement chiffré à des actions correctives mécaniques connues », explique Yannick Jarlaud.

L’efficacité des actions mises en place vue par les DRH

- Les actions relatives à l’amélioration des conditions de travail, les plus souvent citées, apparaissent aussi comme les actions jugées les plus efficaces par les DRH répondants.

- l’implication des Managers dans les performances de Santé au travail est reconnue comme très efficace (3e position) dans la prévention de l’absentéisme.

- La polyvalence, et surtout la valorisation de la montée en compétence, reste dans les 5 actions jugées les plus efficaces. C’est un signe de reconnaissance toujours apprécié si cette polyvalence n’a pas pour seule vocation de « boucher les trous » d’une organisation.

« Il est important de garder à l’esprit que l’absentéisme n’est pas un phénomène mécanique mais il est la résultante de la combinaison de nombreux paramètres dans un contexte spécifique à l’entreprise ou à l’organisation. C’est toute la problématique du baromètre que de déterminer les grands facteurs et de donner à un moment T, une vision du phénomène au niveau national », explique Yannick Jarlaud.

Alma CG (CA 208 M€ et 1 300 collaborateurs) accompagne les entreprises dans la prévention la prévention de l’absentéisme et des risques professionnels (RPS, Pénibilité) Implanté dans 8 pays en Europe (France, Espagne, Portugal, Royaume Uni, Hongrie, République Tchèque, Belgique) et au Canada, Alma CG est agréé par l’OPQCM (Office Professionnel pour la Qualification des Conseils en Management), certifié ISO 9001 nouvelle norme pour l’ensemble de ses activités depuis décembre 2003 et membre du Syncost et du Syntec Conseil en Management.


ANNEXES

Objectifs et Méthodologie du 5e Baromètre de l’absentéisme d’Alma CG

Le 5e baromètre a été administré par l’institut CSA du 18 mars au 6 mai 2013 auprès des DRH de 323 entreprises représentant 315 801 salariés en 2012. Ont été prises en compte les absences, toutes durées confondues, pour : maladie, accident de travail, accident de trajet et maladie professionnelle.

Alma CG a recueilli et retraité les données d’absentéisme brutes pour déterminer ensuite un taux « homogène » d’après un calcul unique. L’objectif étant d’établir des statistiques fiables entreprise par entreprise, dans les différents secteurs d’activité et ce au niveau national et régional (toutes les organisations ne disposant pas des mêmes définitions et règles de paie).

L’enjeu : donner un benchmark de l’absentéisme en France aux DRH et comparer leurs résultats d’absentéisme à des moyennes nationales. Les données demandées (jours calendaires d’absence et effectifs en contrat à durée indéterminée au 31 décembre) sont les plus disponibles au sein des différentes entités et les plus homogènes.

Le taux s’établit selon la formule :

 

Taux d’absentéisme =

 

Nombre de jours calendaires d’absence sur l’année x 100

Nombre de jours calendaires de l’année x Effectifs CDI au 31 décembre

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