Mardi 18 septembre 2012 tagR&D, tagBaromètre, tagCIR, tagInnovation

Le financement de l'innovation est la priorité n°1 des entreprises innovantes qui comptent sur la pérénnité et la stabilité du Crédit d'impôt recherche

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Alma Consulting Group publie son étude annuelle sur le CIR. Son objectif : mesurer l’impact de ce dispositif de financement public sur le comportement innovant des entreprises en France. Pour cela, 1420 entreprises de toute taille ont été interrogées en juillet 2012.

L’utilisation du CIR varie selon la taille des entreprises
Cette année, 64% des entreprises interrogées utilisent le CIR. 18% sont des primo-déclarantes. Cette utilisation varie selon leur taille: plus l'entreprise est grande, plus le CIR est utilisé. Les TPE sont 47% à l’utiliser, 66% pour les PME, 74% pour les ETI et un taux qui monte à 100% pour les grands groupes.
Depuis 2008, on constate les même freins à l’utilisation du dispositif : activités considérées comme non éligibles (25%) ou encore de la méconnaissance des mécanismes du dispositif (18%). Le CIR reste cependant le premier dispositif de financement externe utilisé par les entreprises.


La part du CIR dans le financement R&D en progression pour les entreprises


Le CIR représente en moyenne 15% des ressources financières utilisées par une entreprise innovante en France (pour une part d’autofinancement estimée à 55% des financements totaux) et représente 34% des financements externes (vs 27% en 2011), rendant les entreprises plus dépendantes face au dispositif. Pour les entreprises interrogées, le CIR est en premier lieu, le dispositif clé de soutien à l’innovation (52%). C’est ensuite une manière de rendre le coût de la recherche en France plus compétitif (30%). C’est aussi pour 11% d’entre elles, il représente une bouffée d’oxygène dans un contexte économique difficile. 84% des entreprises de notre échantillon perçoivent un CIR inférieur à 500K€.

Le Baromètre confirme un fort impact du CIR sur les emplois R&D et sur le nombre d’innovations commercialisées. Les entreprises indiquent également à 67% l’impact positif du CIR sur la non-délocalisation de leurs centres de R&D implantés en France. 70% du CIR est réinjecté par les entreprises dans les dépenses de R&D, le maintien de l’emploi R&D, l’équipement et les frais liés aux brevets. Les autres 30% sont utilisés en trésorerie, ce qui est particulièrement le cas pour les PME. «Les entreprises réinvestissent leur CIR dans leurs dépenses liées à la R&D certes, mais la part consacrée à la trésorerie, passe de 13,5% à 30% cette année, ce qui souligne l’importance stratégique du dispositif dans la vie des entreprises et en particulier des PME plus fragiles dans le contexte de crise… On peut dire que le CIR contribue à la sauvegarde de nombreuses d’entre elles », rappelle Hervé Amar, DG d’Alma Consulting Group.
« Les effets bénéfiques du CIR résident dans sa structure même : il contribue à réduire significativement le coût de R&D engagé par les entreprises et en particulier, le coût horaire du personnel de recherche. Une réduction de charges qui pèse dans les décisions de lancement de projets de R&D pour les entreprises», continue-t-il.


Stabilité du dispositif : l'inquiétude monte chez les entreprises innovantes car le financement de l'innovation reste leur priorité n°1

Le financement de la R&D reste un défi surtout pour les PME pour qui c’est le premier enjeu en 2012 (20%), au-delà de l’accélération de mise sur le marché de l’innovation (18%) et du management l’innovation (14%). C’était également le cas l’année dernière.
Le CIR occupe une telle place dans le fonctionnement d’une entreprise innovante que toute modification entraîne nécessairement des inquiétudes : en effet, près d’1/4 des entreprises interrogées craignent la disparition du dispositif ou encore à la lumière de la réforme 2011, qui brouille la lisibilité du CIR pour les entreprises à moyen long terme (52%) et qui fait craindre à 45% d’entre elles, une baisse de leurs dépenses éligibles.
« Ces craintes peuvent se traduire à plus long terme sur une baisse des investissements. Des questions se posent sur des lancements de nouveaux projets. Du fait de son instabilité les entreprises hésitent encore à considérer le CIR comme un outil de management de la R&D à part entière. Elles sont suspendues aux différentes lois de finances et annonces de changement qui ont pour conséquences le ralentissement des initiatives à moyen ou long terme et nécessitent des mises à jour permanentes et un suivi rigoureux de l’actualité. La clé pour les entrepreneurs innovants reste la stabilité », explique Hervé Amar.

Malgré son efficacité, le CIR ne répond pas encore à tous les besoins des entreprises. En effet, la charge financière affectée aux efforts de développement (études marketing, études de design, prototypages industriels…), contraint souvent les entreprises à revoir leurs ambitions à la baisse, voire à abandonner des projets innovants. Cette situation représente pour l’entreprise et en particulier pour les TPE et PME, une perte de ses investissements, mais également pour l’Etat une perte d’efficacité du CIR et des subventions attribuées. « L’extension du CIR réservée aux entreprises de moins de 250 salariés pour ses frais d’innovation est une bonne nouvelle pour les PME. Cet élargissement aura pour effet de maximiser les effets positifs du CIR », indique Hervé Amar.

Le CIR moteur des partenariats Grands groupes/PME Autre enseignement du baromètre : les financements publics ont un fort impact sur la mise en place de partenariats technologiques. Au-delà de certains mécanismes de subventions basés sur le collaboratif, le CIR conduit à des partenariats entre les grands groupes et les PME. Un lien que le CIR devrait contribuer à développer davantage : « il serait intéressant d’inciter les grands groupes à travailler avec les PME via le CIR, notamment en réfléchissant à des aménagements sur les plafonds ou encore sur les procédures d’agrément », suggère Hervé Amar. « Sur le terrain, le CIR obtenu par les grands groupes doit encore plus bénéficier à l’écosystème des PME innovantes ». Un Groupe industriel de plus 8000 de salariés bénéficiant du CIR depuis 2001, a vu son nombre de projets de R&D éligibles au CIR multiplié par 4 augmentant ainsi significativement le nombre de ses collaborations avec les PME : celles ci sont désormais plus d'une centaine (au lieu d'une quinzaine il y a encore quelques années) Des PME de secteurs spécialisés (parfois éloignés du cœur d'activité du Groupe) sont également sollicitées pour apporter leurs compétences et connaissances de pointe sur des phases bien précises de projets de R&D à large spectre. « Les partenariats entre les grands groupes et les PME donnent aux premiers une force de frappe spécialisée, pointue et flexible; et les PME peuvent quant à elles, participer à des projets de R&D de haute technologie et en nombre, ce qui constitue un flux d'activités bienvenue dans cette période de crise ». « Il est important de garder en tête l’objectif premier du CIR : inciter le secteur privé à accroitre ses dépenses de R&D pour une augmentation structurelle à long terme du PIB. Les entreprises plébiscitent le dispositif, qu’elles considèrent à 72% comme le plus performant au monde », indique Hervé Amar.

La méthodologie : 1420 responsables d’entreprises françaises ayant une activité de R&D (dont TPE 26%, PME 52%, grandes entreprises 18% et grands groupes internationaux 4%) ont été interrogés par Alma Consulting Group en juillet 2012. Ces entreprises réalisent toutes des opérations de R&D et couvrent tous les secteurs d’activité.

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