Vendredi 19 octobre 2012 tagR&D, tagBaromètre, tagSubventions européennes, tagCIR, tagInnovation

Financement de la R&D : les entreprises innovantes toujours plus inquiètes selon le 8ième baromètre de l'innovation d'Alma CG

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La huitième édition du baromètre de l’innovation d’Alma CG a été menée auprès de 4320 entreprises innovantes, PME, ETI et grands groupes de 10 pays1 dont 1420 entreprises françaises2. Le baromètre a pour vocation d’identifier les actualités des dispositifs de financement et leurs différents impacts sur les entreprises innovantes.

Premières conclusions : le financement public prend une part de plus en plus importante dans le financement des entreprises innovantes. Malgré les contraintes budgétaires avec la crise, le Royaume-Uni et la Belgique dopent leurs dispositifs cette année et l’année prochaine. Mais les entreprises européennes comme françaises craignent pour leur financement, devenu leur défi n°1.

Trouver les leviers financiers pour financer leur R&D reste le défi n°1 des entreprises innovantes

Dans le climat européen de forte contrainte budgétaire, les différents gouvernements mettent en regard les dépenses engagées et les impacts concrets en termes d’augmentation de l’effort de R&D et d’amélioration de la compétitivité des entreprises. Aussi, une entreprise sur trois a des craintes quant à la pérennité de ses financements en 2012 (32%) alors qu’elles n’étaient que de 22% l’année dernière. L’Espagne et le Portugal anticipent une baisse des financements de 45%. Plus particulièrement, 24% des entreprises en France craignent la disparition du CIR. « Ces craintes peuvent se traduire à moyen terme par une baisse des investissements ou à des délocalisations) dans des pays plus attractifs car l’innovation est aujourd’hui mondiale », indique Hervé Amar, Directeur Général d’Alma CG.

Les entreprises plus accros aux financements publics

L’autofinancement représente 55% du financement des entreprises françaises (53% en Europe) : les financements externes se montent à 45% (et 47% en Europe). Les financements publics constituent 26% du financement total des activités de R&D pour les entreprises européennes. Cette part s’élève à 27,5% pour les entreprises françaises, rendant les financements publics incontournables, en particulier pour les PME pour qui, ils représentent 45 à 50% des financements totaux ou des ETI avec une part relative de 31%.

Trouver les bons leviers financiers est cette année encore l’enjeu principal pour les entreprises innovantes, au même titre que le management de l’innovation ou encore la mise sur le marché des innovations, ie leur commercialisation. Une tendance accentuée en France en Espagne et au Portugal par rapport aux autres pays européens.

Le CIR encore et toujours un dispositif phare 

En France, comme en Europe, le CIR reste cette année encore, le dispositif le plus utilisé par les entreprises : elles sont en Europe 58% et en France 64%.

18% sont des primo-déclarantes. En France, cette utilisation varie selon leur taille: plus l'entreprise est grande, plus le CIR est utilisé. Les TPE sont 47% à l’utiliser, 66% pour les PME, 74% pour les ETI et un taux qui monte à 100% pour les grands groupes. Le CIR représente en moyenne 15% des ressources financières utilisées par une entreprise innovante en France (et 10% en Europe).

Depuis 2008, on constate les même freins à l’utilisation du dispositif : activités considérées comme non éligibles (25%) ou encore la méconnaissance des mécanismes du dispositif (18%).
Pour les entreprises interrogées, le CIR est en premier lieu, le dispositif clé de soutien à l’innovation (52%). C’est ensuite une manière de rendre le coût de la recherche en France plus compétitif (30%). C’est aussi pour 11% d’entre elles, une bouffée d’oxygène dans un contexte économique difficile. 70% du CIR est réinjecté par les entreprises françaises, dans les dépenses de R&D, le maintien de l’emploi R&D, l’équipement, les investissements matériels et les frais liés aux dépôts et maintenance de brevets.
Les autres 30% sont utilisés en trésorerie, ce qui est particulièrement le cas pour les PME. Les entreprises réinvestissent leur CIR dans leurs dépenses liées à la R&D certes, mais la part consacrée à la trésorerie, passe de 13,5% en 2011 à 30% cette année, ce qui souligne l’importance stratégique du dispositif dans la vie des entreprises et en particulier des PME plus fragiles dans le contexte de crise…

L'utilisation des aides et subventions varie aussi selon la taille des entreprises 

54% des entreprises répondantes ont bénéficié d’aides directes (dans près de 70% des cas sous forme de subventions, 30% sous forme d’avances remboursables). Comme pour le CIR, plus les entreprises sont importantes, plus elles bénéficient des aides directes : 1 PME sur 2 vs 3 grands groupes sur 4. Cela est dû principalement à la complexité des dispositifs (27%), la méconnaissance de ces aides (26%), et à leur temporalité (avant projet), inadaptées à la stratégie des entreprises. Ainsi, 28% des fonds FEDER n’ont pas encore été distribués en France, illustrant une allocation des ressources encore peu efficace.

Les entreprises souhaiteraient donc un raccourcissement des délais entre la soumission du projet et son démarrage effectif, c’est à dire des procédures plus rapides et plus souples pour rester dans une compétition mondiale ultra-dynamique. Elles appellent à une augmentation du taux de financement quitte à diminuer le nombre de bénéficiaires. Elles voudraient d’avantage d’appels à projet en continu (avec des deadlines trop contraignantes), avec plus de liberté dans les thèmes traités.

« Pour un financement de l’innovation plus efficace, il s’agit de s’appuyer sur deux catégories de dispositifs vertueux : Ceux ayant un effet de levier sur les financements privés mais qui doivent rester stables pour être efficaces. Ceux relevant d’une logique d’investissement par l’Etat dans l’objectif de réunir ressources et ’acteurs pour répondre à la compétition internationale (comme les Investissements d’Avenir en France » analyse le Comité d’Experts3 qui a suivi le Baromètre cette année.

« Les évolutions souhaitées par les entreprises n’impliquent pas de budget supplémentaire d’autant qu’ils existent avec une dotation prévue de 80Md€ pour le programme européen Horizon 2020, à partir de 2014, mais une meilleure prise en compte des besoins des entreprises pour une diffusion plus efficace », conclut Hervé Amar.

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