Mardi 4 septembre 2012 tagBaromètre, tagRessources humaines, tagAbsentéisme

Le taux d'absentéisme dans l'entreprise au plus bas depuis 5 ans, selon le baromètre de l'absentéisme d'Alma Consulting Group

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3,84% (soit 14 jours d’absence par an et par salarié), c'est le taux d'absentéisme qu'ont connu les entreprises françaises l’année dernière, reculant depuis 2010 où il était à 4% soit 14,5 jours et au plus bas depuis 2007.
Globalement, l’absentéisme baisse dans le secteur privé. Mais des records sont tout de même enregistrés dans les secteurs de la santé (6,61% soit 24 jours) et des transports (5,13% soit 18,7 jours). La situation est meilleure dans les grands groupes qui connaissent un absentéisme plus faible que dans les PME. Les cadres, quant à eux, obtiennent cette année encore, la palme de l’assiduité (1,53%, soit 5,6 jours).

« Parmi les indicateurs du coût du travail, l’absentéisme est de plus en plus observé et suivi. Il est considéré comme un indicateur du climat social et un sujet déterminant dans l’évaluation de la bonne santé d’une organisation », indique Vincent Taupin, Président d’Alma Consulting Group.
 

 

Les données de l'absentéisme en France

Le taux national s’élève à 3,84% soit 14 jours d’absence en moyenne par salarié.
Il est en baisse d’un point (soit 3,8 jours de moins) depuis 3 ans, (4,85% - 17,8 jours en 2009). Il faut cependant noter que l’amélioration du taux est portée par 37% d’entreprises dont le taux baisse plus fortement que pour 49% des entreprises dont le taux augmente.

 « La principale raison de la baisse de l’absentéisme tient à la crise. Il faut cependant nuancer en analysant les facteurs comme les secteurs d’activité, l’organisation du travail ou la taille de l’entreprise qui constituent des critères d’évaluation importants pour l’analyse du phénomène » prévient Olivier Gignoux, directeur du pôle social d’Alma Consulting Group.

  • La carte de France de l’absentéisme enregistre un renversement des tendances : le Nord et la région Rhône Alpes dépassent le Sud, pourtant régulièrement en tête
  • Fait inédit, cette année, la région Nord dépasse le Sud, à la première place depuis 5 ans. Les raisons tiennent principalement au tissu économique composé essentiellement de PME qui enregistrent cette année des taux en forte hausse. Le bassin parisien avec un contexte d’emploi plus dynamique et plus mobile qu’ailleurs, enregistre cette année encore un des taux les plus faibles. Le Grand Ouest remporte la palme de la présence au travail. 

    • Explosion de l’absentéisme dans le secteur de la santé
    • Le secteur de la santé enregistre un taux record cette année, avec 6,61% (soit 24 jours) et connait une forte dégradation depuis 5 ans.

      La féminisation des équipes, le management, l’organisation du travail, ainsi que les contraintes économiques et budgétaires que connait le secteur, participent de manière significative à cette hausse.
      A l’autre bout du spectre, le BTP affiche encore un taux à 2,97% (10,8 j), l’industrie à 3,58% (13,1 j) et pour la première fois le secteur des services à 3,32% (12,1 j), rejoint le trio de tête de l’assiduité.

      Le secteur d’activité constitue un des facteurs prédominants de l’absentéisme. Cette année, on assiste à une accentuation des tendances : les meilleurs élèves s’améliorent et les moins bons se dégradent. La maturité du BTP et de l’industrie par
      rapport à l’absentéisme explique le ralentissement du phénomène dans ces deux secteurs, pourtant fortement exposés aux accidents du travail.

      • Il fait bon vivre dans les grands groupes.
      • Cela se ressent notamment au niveau de leur absentéisme (3,7%), en dessous de la moyenne nationale et inférieur aux PME (4,32%) et aux ETI qui connaissent des taux bien plus forts (4,58% et 4,74%). Les grands groupes ont davantage de moyens d’actions, des politiques structurées favorisant la présence des salariés.

        • L’influence de l’âge sur l’absentéisme.
        • Le Baromètre de l’Absentéisme montre, cette année encore, une corrélation entre l’âge et l’absentéisme: bien que l’absentéisme des salariés plus âgés soit en baisse de 1,5 point depuis 2009, il reste supérieur (3,81 % pour les plus de 51 ans) à celui des salariés plus jeunes (2,34 % pour les moins de 30 ans).

          Les salariés plus jeunes ont des absences de courtes durées on parle de micro-absentéisme, plus coûteux pour les entreprises. Les salariés plus âgés sont absents moins souvent mais sur de plus longues périodes.

           « La gestion des seniors, leur maintien dans l’emploi sont des problématiques RH de plus en plus récurrentes dans les entreprises. Ces deux populations de salariés n’ont pas non plus les mêmes attentes vis à vis de leur travail et de leur entreprise. Des leviers de motivation transgénérationnels doivent être mis en place efficacement pour éviter les risques de « décrochage » », indique Olivier Gignoux.Les ouvriers sont également une population plus souvent absente (4,84% - 17,7 j) que les cadres (1,53% - 5,6 j). « Au delà de la pénibilité et des conditions de travail, c’est aussi le sens donné au travail et le manque de visibilité dans le processus global qui concourent à un plus grand absentéisme », explique Olivier Gignoux. 

          L'absentéisme tient essentiellement aux facteur individuels pour les DRH

          Pour expliquer l’absentéisme au sein de leurs organisations, les DRH interrogés ont principalement  évoqué les facteurs personnels (51%), l’usure physique et la démotivation des collaborateurs (42%). Peu de facteurs propres à la structure sont mis en avant spontanément : en effet, les éléments de management n’arrivent qu’en 7ème position, alors qu’ils sont déterminants dans la prévention du phénomène.

          Combien coûte l'absentéisme ? Coûts directs : de 39 000€ à 550 000€ par an pour une entreprise de 320 salariés

          Certaines théories mettent en avant que 1% d’absentéisme équivaut à 1 % de la masse salariale. Or, ce ratio apparaît  « simpliste » dans la mesure où chaque établissement, selon son organisation et sa gestion de l'absence, aura un coût de l'absentéisme spécifique, allant de 0,2% à plus de 4%[1] de la masse salariale.

          Pour la première fois cette année, Alma a mesuré les coûts directs liés à l’absentéisme  composés du paiement des jours de carence, du complément employeur et de la prévoyance.

          « Nous constatons une très forte disparité du coût de l’absence selon les pratiques d’indemnisation des entreprises (maintien de salaire, complément employeur…).

          A titre d’exemple: pour une entreprise de 320 salariés dans la moyenne des absences en France, le nombre de jours d'absence en 2011 aura été de 4 876 jours. Sur cette base et en fonction de ses pratiques d’indemnisation, l'absentéisme lui coûte entre 39 008 € et 550 988 € par an », indique Olivier Gignoux. Le secteur d’activité a également un fort impact sur ce coût : l’absentéisme est en moyenne plus cher pour la santé ou le commerce que pour le transport.

          Aux coûts directs, il faut ajouter les coûts indirects (tels que les coûts de gestion des absences, la baisse de production ou de qualité de services, les retards de livraison), quant à eux difficiles à quantifier. Ce qui fait dire à 71% des DRH interrogés, la difficulté à estimer un coût global de leur absentéisme.

          La lutte contre l'absentéisme s'organise

          60% des répondants ont mis en place un projet global sur l’absentéisme qui a eu un impact positif pour 70 % des DRH. « Les actions de lutte contre l’absentéisme sont d’autant plus efficaces qu’elles combinent plusieurs paramètres : l'amélioration et la prévention des conditions de travail, le management, la communication et le développement du « bien être » des collaborateurs », explique Olivier Gignoux.

          Parmi les actions les plus mises en place par les DRH pour lutter contre l’absentéisme : la prévention des accidents de travail (65%), les contre visites médicales (64%), l’amélioration des conditions de travail (58%), l’aménagement des postes de travail (57%).

          Ces actions ne sont pas toujours celles qui sont jugées les plus efficaces par les DRH : même si l’aménagement des postes de travail (85%), et la prévention des maladies professionnelles et  des accidents de travail, sont celles les plus mises en place et donnant effectivement le plus de résultats, le tutorat (seniors, nouveaux embauchés) utilisé à 29% s’avère à 80% efficaces alors que les contre visites médicales mises en place pour 64% sont à 56% efficaces. 

           « Dans toutes les démarches de prévention de l’absentéisme, il s’agit de bien identifier la forme et les causes des absences afin de construire des plans d’actions globaux qui intègrent la qualité de vie au travail et le développement des compétences. Il n’y a pas de fatalité, c’est grâce à cette approche systématique des indicateurs sociaux que l’efficacité de l’action se confirme », indique Olivier Gignoux.

           « Il est important de garder à l’esprit que l’absentéisme n’est pas un phénomène mécanique mais il est la résultante de la combinaison de nombreux paramètres dans un contexte spécifique à l’entreprise ou à l’organisation. C’est toute la problématique du baromètre que de déterminer les grands facteurs et de donner à un moment T, une vision du phénomène au niveau national », explique Olivier Gignoux.

          Objectifs et Méthodologie du 4ème Baromètre de l’absentéisme d’Alma Consulting Group
          Le quatrième baromètre  a été réalisé de janvier à juin 2012 auprès des DRH de 241 entreprises représentant 408 834 salariés en 2011. Ont été prises en compte, toutes durées confondues, les absences pour : Maladie, Accident de Travail, Accident de Trajet et Maladie Professionnelle.
          Alma Consulting Group a recueilli et retraité les données d’absentéisme brutes pour déterminer ensuite un taux « homogène » d’après un calcul unique. L’objectif étant d’établir des statistiques fiables entreprise par entreprise, dans les différents secteurs d’activité et ce au niveau national et régional (toutes les organisations ne disposant pas des mêmes définitions et règles de paie).
          L’enjeu : donner un benchmark de l’absentéisme en France aux DRH et comparer leurs résultats d’absentéisme à des moyennes nationales.. Les données demandées (jours calendaires d’absence et effectifs en contrat à durée indéterminée au 31 décembre) sont les plus disponibles au sein des différentes entités et les plus homogènes. Le taux s’établit selon la formule :

           

          Taux d’absentéisme      =

          Nombre de jours calendaires d’absence sur l’année x 100

          Nombre de jours calendaires de l’année x Effectifs CDI au 31 décembre

           

           

           

           

           

           



          [1] 3ième baromètre de l’absentéisme Alma consulting group, 2011

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